Haras du XIXᵉ
Construit en 1890 par Ernest le Comte
Montigny était terre de chevaux bien avant le haras — Pesche notait déjà en 1836 qu'on y « élève d'assez beaux poulains et de jeunes chevaux, le territoire étant particulièrement propre à ce genre d'industrie agricole ». À la ferme de la Blosserie, la famille Lalouet comptait parmi les plus anciennes familles équestres de la plaine d'Alençon et fit naître les étalons Hertz, Képi et Ottoman ainsi que les poulinières Ida et Ordelia, entre autres reproductrices de mérite. Les meilleurs herbages de la commune portent encore leurs noms : le Parc des Gazinières, le Type de la Plaine, le Parc de la Butte, les prés de la Blosserie, les parcs sur le Sarthon et le grand parc de Lougueuil.
Ernest le Comte, avocat au Mans, conseiller général de la Sarthe pour le canton de La Fresnaye-sur-Chédouet de 1897 à 1907 et passionné de chevaux, construit le haras en forme de fer à cheval en 1890 pour abriter une écurie consacrée aux trotteurs. Les boxes d'origine sont toujours en place, ainsi que la passerelle en fer forgé reliant deux bâtiments, qui permettait d'aller surveiller les écuries des poulinières. Le haras conserve aussi ses calèches, encore sorties lors de manifestations.
Le cheval « Postllo » né en 1886 gagne le derby de Rouen en 1889 ; ainsi que « Qui Vive » né en 1887 qui gagne ce même derby de Rouen en 1890 en trot monté. Actuellement cette épreuve s'appelle prix du Cornulier pour le trot monté et grand prix d'Amérique pour le trot attelé, épreuve créée en 1919.
L'écurie connaît son apogée au début des années 1890 : « Qui-Vive » — bai-brun par Tigris et Suzon, réduction kilométrique de 1'37", étalon approuvé au stud-book du trotteur — gagne le Grand Prix de Vincennes en 1891. En 1892, l'histoire du trot que publie Le Figaro range parmi « les chevaux les plus célèbres » six pensionnaires de M. Lecomte : Qui-Vive, Quarantaine, Oriflamme, Orphée, Obéron et Othello.
Actuellement le haras est exploité par M. Daniel Boittin pour l'élevage et la monte. Il produit des chevaux de sport pour la fanfare de cavalerie de la garde républicaine ainsi que pour la chasse à courre, et de trait pour l'attelage notamment pour les cérémonies.
Ernest Le Comte disparaît en 1911 sans successeur pour maintenir l'écurie.
La mairie est accueillie dans un petit coin de cet ensemble prestigieux.

